Santé

« Problèmes de circulation », insuffisance veineuse, maladie veineuse chronique, thrombose (phlébite, paraphlébite) :
INNOTHERA vous informe

Santé2017-12-18T10:32:19+00:00

Les « problèmes de circulation » recouvrent différents états qui vont de l’insuffisance veineuse à la maladie veineuse chronique et à la thrombose (phlébite, paraphlébite). Définitions, symptômes, explications : un mémo en 10 questions-réponses précédé d’un petit préambule sur l’utilité de s’informer.

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10 questions/10 réponses

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1.

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« Insuffisance veineuse » ou
« Maladie veineuse chronique » :
qu’est-ce que c’est ?

Les deux appellations recouvrent des troubles provoqués par une mauvaise circulation du sang veineux dans les jambes. « Sang veineux » : qui circule dans les veines (« sang artériel » : qui circule dans les artères).

On distingue :

  • L’insuffisance veineuse, qui peut être transitoire.
  • La maladie veineuse chronique qui, comme son nom l’indique, n’est pas transitoire et peut évoluer.

2.

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Bonne circulation :
comment ça marche ?

La circulation du sang dans les veines fonctionne selon des principes de physique et de mécanique :

  • Lorsque le corps est en station debout et immobile, la pression du sang veineux des jambes est élevée. Ce phénomène dû à la gravité a deux conséquences : la pression tend à dilater les veines, le sang a tendance à stagner dans le bas des jambes.
  • Quand on marche, les muscles du mollet se contractent, ce qui propulse le sang veineux vers le cœur : les veines des jambes sont « vidangées », ce qui fait chuter la pression. Entre les contractions, le reflux du sang vers les pieds est bloqué par les valvules, sortes de « clapets anti-retour » dont les veines sont équipées : c’est ce blocage qui maintient la basse pression. Le saviez-vous ? Nous avons un point commun avec les girafes : les valvules. Leur cou en est équipé. Elles se ferment lorsque l’animal se penche pour boire.

3.

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Mauvaise circulation :
comment ça (ne) marche (pas bien) ?

Il y a mauvaise circulation quand les valvules ne se ferment plus car la veine est dilatée. Bloquées en « position ouverte », les valvules ne sont plus « jointives ». Ne pouvant remplir leur fonction, elles laissent le sang refluer vers les pieds. Causes de la dilatation des veines : chaleur, hérédité, grossesse.

4.

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Mauvaise circulation :
quelles conséquences ?

  • En station debout, le reflux sanguin cause une surpression chronique dans les veines des jambes. En cas de varice, la surpression augmente la dilatation de la varice. Le sang passe dans les tissus, qui enflent : c’est l’œdème. Une anomalie qui, non corrigée, peut entraîner au fil des années des lésions de la peau et du tissu sous-cutané.
  • La stagnation du sang active sa coagulation, qui peut aller jusqu’à la formation d’un caillot. Ce « bouchon» gêne la circulation du sang veineux. Il peut même la bloquer complètement.

5.

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Mauvaise circulation : quels symptômes
(ce que l’on ressent à l’intérieur) ?

  • Jambes lourdes ou douloureuses
  • Chevilles gonflées le soir
  • Impatience ou besoin irrépressible de bouger les jambes au coucher
  • Crampes nocturnes
  • Démangeaisons
  • Fourmillements
  • Sensation de « jambes en poteau »

Des symptômes aggravés par la station debout prolongée et la chaleur ; soulagés par la marche et la position allongée, jambes surélevées.

6.

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Mauvaise circulation :
quels signes cliniques
(ce qui se voit sur les jambes) ?

  • Dilatation des petites veines. Peut créer des marques plates et bleutées qui strient les jambes : effet « Spider veins», comme de fines pattes d’araignée (varicosités).
  • Dilatation des grosses veines. C’est la varice, qui forme relief sur la jambe. La varice marque l’entrée dans la « maladie veineuse chronique ».
  • Cheville et bas des jambes enflés dès le matin (œdème). Une étape est franchie. La maladie veineuse chronique devient sévère : d’intérieur, le problème peut devenir extérieur, avec des complications cutanées.
  • Complications. À long terme, peuvent apparaître des complications cutanées, généralement au niveau de la cheville : eczéma dû aux varices (eczéma variqueux) ; peau brunie de façon permanente (dermite pigmentée) ; peau durcie qui se rétracte (hypodermite scléreuse). Stade ultime de complication, la plaie ouverte (ulcère veineux) : si on ne traite pas la cause, la cicatrisation, qui nécessite un traitement médical, peut durer des semaines, voire des mois ou des années.

7.

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Mauvaise circulation :
quels facteurs de risque ?

Il semble que le principal responsable des troubles de la circulation soit une faiblesse de la paroi des veines : sous l’effet de la pression, elles se dilatent de façon excessive. Cette dilatation peut provoquer des varices. Deux catégories de facteurs de risques peuvent être à l’origine de la faiblesse de la paroi veineuse : des facteurs intrinsèques et des situations.

  • Facteurs intrinsèques 
    • L’hérédité. Il y a des « familles à varices » : plusieurs études ont démontré l’importance du facteur génétique.
    • Le nombre de grossesses. 13% de risques de varices pour une première grossesse ; 30% à la deuxième ; 57% à trois grossesses ou plus.
    • L’âge. En matière de bonne ou mauvaise circulation sanguine, c’est le facteur le plus significatif: ainsi, rares avant 30 ans, les varices affectent 60% des plus de 70 ans.
    • L’obésité.
  • Situations
    • Chaleur : forte chaleur, canicule, chauffage par le sol, sauna, etc.
    • Métiers à risque : restauration (barman, garçon de café, serveuse), coiffure… soldats de la garde de la Reine d’Angleterre qui cumulent station debout immobile et pieds énergiquement tapés lors de la relève !
    • Station debout.
    • Modifications hormonales, grossesse, contraception hormonale orale.
    • Port de talons hauts.

8.

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Thrombose veineuse
(phlébite, paraphlébite) :
qu’est-ce que c’est ?

Thrombose veineuse : un caillot de sang perturbe ou obstrue la circulation sanguine dans une veine. La thrombose veineuse est dite « superficielle » ou « profonde », selon la nature de la veine où elle survient :

  • Thrombose veineuse superficielle, autrefois appelée « paraphlébite » : apparaît dans les deux-tiers des cas dans une varice. La veine durcit, devient rouge, chaude, et douloureuse au moindre contact.
  • Thrombose veineuse profonde, autrefois appelée « phlébite » : le caillot se forme dans une veine profonde de gros diamètre. Il y a gonflement important de la jambe avec durcissement du mollet, sensation de chaleur et vive douleur. L’intensité des symptômes dépend de la grosseur de la veine et du caillot : plus la veine est grosse, plus le caillot l’est aussi.

9.

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Thrombose veineuse
(phlébite, paraphlébite) :
quels facteurs de risques ?

La thrombose peut survenir quand il y a cumul de facteurs de risque associé à une immobilisation (ou « situation déclenchante ») : le cumul de facteurs de risques ne provoque pas forcément une thrombose. En revanche, la thrombose survient souvent après une immobilisation, notamment en l’absence de traitement
anti-coagulant.

Facteurs de risque

  • Facteurs propres au patient (voir également question/réponse n° 7) : âge, antécédent de thrombose, obésité, grossesse, après un accouchement, varices, thrombophilie. La thrombophilie (maladie généralement génétique) est souvent découverte lors d’une thrombose survenant par exemple chez une jeune femme d’une vingtaine d’années sous contraceptif oral.
  • Situations à risques (voir également question/réponse n° 7) : cancer, chirurgie, contraception hormonale orale, traumas.

Immobilisation ou « situation déclenchante »

  • Hospitalisation, en particulier en cas d’opération chirurgicale.
  • Alitement.
  • Voyage en avion de plus de 7 heures : on ne bouge pas, le sang circule moins et a tendance à coaguler.

10.

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Thrombose veineuse (phlébite, paraphlébite) : quelles complications ?

  • La thrombose veineuse peut se compliquer d’une embolie pulmonaire : détaché de la veine, le caillot est emporté jusqu’aux poumons par la circulation du sang.
  • Si le caillot de la thrombose abîme la paroi et les valvules de la veine de façon irréversible, une maladie veineuse chronique peut se développer à plus long terme : c’est le « syndrome post-thrombotique ».

Références

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